Communiqué de la Fédération

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 Karachi, plus de 8 ans après, une seule exigence:    la vérité!

 

 

La CGT a toujours demandé que toute la lumière soit faite sur l’attentat de Karachi qui a coûté la vie à 11 personnels et blessé cruellement d’autres.
C’est  en  ce  sens  qu’elle  avait  répondu  favorablement  à  la  mission  d’information  de  la commission de la Défense Nationale sur ce drame. Elle a été auditionnée le 28 avril 2010, après l’ancien premier ministre Edouard Balladur.
La CGT a rendu compte de cette audition, c’est la seule organisation syndicale à l’avoir fait.
Le rapport d’information n° 2514 de la commission de la Défense Nationale éclaire sur un certain nombre de sujets, mais de fait réduit considérablement les propos ou du moins ceux de la CGT tout comme les preuves qu’elle a pu formulées.
L’exemple de la saisine du CHSCT de Cherbourg par la CGT dans la période précédent cette tragédie est absente du texte.
Personne ne peut nier non plus que dès 1994 la CGT avait interrogé sur ce contrat Agosta pour  le  Pakistan  et  les  conditions  de  cette  exportation  d’armement,  y  compris  sur  les questions de « non rentabilité » de ce contrat et de possibles « dessous de table ». 
C’est aussi pourquoi la CGT a précisé à cette mission parlementaire que ce contrat vers ce pays  ne  pouvait  se justifier  avec  l’argument  d’une  sous  charge  de  l’établissement  de Cherbourg  mais  qu’il  fallait  faire  le  lien  avec  le  livre  blanc  sur  la  défense  de  1994  de Léotard-Balladur.
  Ce  livre  blanc  de  la  défense  mettait  notamment  l’accent  sur  une  potentialité  de  danger venant de l’Asie ou de la partie orientale du monde.
Dans le même temps, le 1er Ministre de l’époque et son Ministre de la Défense annonçaient l’idée « d’investir » dans cette partie du monde par l’exportation d’armement .
La  CGT  demande,  comme  d’autres  voix  d’ailleurs,  que  la  justice  ait  accès  aux bandes sonores de l’intégralité des auditions de la mission parlementaire, ce que refuse, à en croire la presse, le Président de l’Assemblée Nationale, Mr Accoyer.
La vérité sur l’ensemble des éléments qui entourent cet attentat doit être faite.
De nombreuses personnalités politiques se sont exprimées sur la déclassification du secret défense concernant «les affaires» qui accompagnent l’évènement tragique de l’attentat  de  Karachi,  la  CGT  l’a  toujours  ainsi  réclamé,  il  faut  enfin  que  cela  se réalise.
 D’autre part, la CGT, à de nombreuses reprises, a demandé que toute la lumière soit faite dans  les  instances  représentatives  du  personnel  de  DCNS  sans  avoir,  à  ce  jour,  gain  de cause.
Si DCNS et ses PDG successifs ont la même ligne de conduite sur le fait que l’entreprise ne peut rien dire sous prétexte d’une instruction en cours, comment  se fait-il que la presse ait  régulièrement  des  dossiers  venant  de  l’entreprise  et  qui  attesteraient  que  DCNS  a investigué de son côté?
 
La CGT continuera de défendre sa position fondamentale que véritablement non «les armes ne sont pas des marchandises comme les autres.»
Pouvons-nous  sérieusement  accepter  que  seules  les  règles  de  l’argent  et  du  «marché» dominent dans ces enjeux de défense et d’armement?
Il  est  plus  que  temps  que  de  nouvelles  règles  nationales  et  internationales encadrent, de façon stricte, les exportations d’armement et que l’actuelle mode de constructions  locales,  dans  les  pays  acquéreurs,  ne  saurait  dédouaner  des responsabilités des Etats et des industriels sur les risques potentiels.
Non,  les  armes  ne sont  pas  des  marchandises  comme  les  autres  et  oui  la  clarté doit être faite sur l’attentat de Karachi! 
Pour la CGT, c’est essentiel.
Tous «les secrets» doivent être levés et la justice doit s’exercer sans exclusive.
Personne ne peut tolérer le contraire.
La CGT ré-intervient de nouveau publiquement pour exiger aussi:
Que  l’omerta  sur  les  conditions  réelles  de  travail  des  personnels  dans  les  pays étrangers, à risques potentiels ou réels, cesse.
DCNS s’honorerait à prendre véritablement en compte cette question de haute signification de la condition des personnels en mission à l’étranger. 
D’autre  part,  des  négociations  sur  les  déplacements  à  l’étranger,  dont  les  pays  à risques, doivent réellement s’ouvrir. Le report perpétuel de la Direction Générale de l’entreprise sur ce thème en dit long sur son manque de respect et de préoccupation des femmes et des hommes.
La  CGT  exige  qu’un  point  sur  Karachi,  comme  sur  les  frégates  Taiwan, puisque  là  aussi  des  soupsons  planent,  soit  fait  lors  des  prochaines instances de concertation de DCNS.
La levée du secret Défense, la transparence à DCNS à tous les niveaux, la réponse  aux  expressions  revendicatives  sur  l’exercice  d’une  activité  à l’étranger, il faut que les choses changent et vite!
 
Il  va  de  soi  aussi  que  le  nouveau  Ministre  de  la  Défense  et  protagoniste aussi  dans  «cette  affaire»  comme  premier  Ministre  en  1995  doit  des explications   aux   instances   compétentes   mais   aussi   aux   fédérations
syndicales.
 
 
                                                                                                                                                                      Paris, le 22 novembre 2010.

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